cj-en vadrouille mai 28, 2026

Que faire à Marrakech en 8 jours tranquillement ? Nous revenons justement d’un séjour de huit jours à la découverte de la ville rouge, riche en émotions mais paisible dans le rythme. Installés dans le quartier élégant de l’Hivernage, nous alternons visites des grands sites incontournables, pauses gourmandes, flâneries dans des quartiers plus confidentiels et escapades hors des remparts.

Au mois de mars, l’Atlas était encore recouvert de neige, créant un contraste saisissant entre les sommets blancs et les ruelles ocres de Marrakech. Notre séjour se déroulait pendant le Ramadan, et s’est terminé le lendemain de l’,Aïd al-Fitr (عيد الفطر) la fête marquant la rupture du jeûne, offrant des moments riches en couleurs, en saveurs et en traditions.

Ce voyage nous offre la chance de ressentir les multiples visages de Marrakech : la ville historique et ses palais, la ville créative avec ses jardins et musées, la ville jardin à l’atmosphère apaisante, et celle qui s’étend déjà vers les reliefs majestueux et enneigés de l’Atlas.

♿️ infos mobilité réduite

j’ai ajouté en fin d’article quelques repères et conseils issus de mon expérience pour vous aider à profiter de Marrakech plus sereinement.

Premiers regards sur la ville rouge : remparts, Koutoubia et Hivernage

Dès notre arrivée, nous longeons les grandes artères de Marrakech en voiture. Peu à peu apparaissent les remparts ocres, vestiges des dynasties almoravides et saâdiennes, qui donnent à la ville sa silhouette si caractéristique. Ces remparts, ponctués de portes historiques comme Bab Agnaou, témoignent de l’importance stratégique et commerciale de Marrakech depuis le XIᵉ siècle, car la ville était alors un carrefour entre désert, montagnes de l’Atlas et routes commerciales transsahariennes.

Au loin, le minaret de la Koutoubia se détache dans le ciel de Marrakech comme un phare au cœur de la ville. La Koutoubia raconte à elle seule l’âme de Marrakech. Elle mêle la spiritualité, l’histoire et cette présence végétale qui adoucit la ville rouge. Même si l’intérieur de la mosquée reste réservé aux fidèles, sa seule présence suffit à créer une émotion particulière. Nous ressentons une forme d’apaisement en la regardant, surtout lorsque la lumière de fin de journée vient réchauffer la pierre ocre du minaret et le fait presque se fondre dans les couleurs de Marrakech.

Vue de la Koutoubia à Marrakech depuis la voiture sur l’avenue Mohammed VI
La Koutoubia de Marrakech dans son ensemble

Sa silhouette élégante, haute de 77 mètres, attire naturellement le regard et devient vite le point de repère dans ce dédale de ruelles et de places. Érigée au XIIᵉ siècle sous la dynastie almohade, la mosquée porte le nom des anciens marchands de livres qui animaient autrefois ce quartier, comme un écho discret au savoir et à la transmission.

Ce que nous aimons ici, c’est ce contraste saisissant entre l’agitation de la médina et la douceur presque silencieuse des jardins qui entourent la Koutoubia. À quelques pas de l’effervescence de Jemaa el-Fna, nous trouvons soudain une parenthèse de calme : des allées bordées de palmiers, des rosiers, quelques orangers, des bancs à l’ombre, et cette sensation délicieuse de respirer enfin plus lentement. Le bruissement léger des feuilles et le chant des oiseaux remplacent peu à peu le tumulte de la ville.

Calèches stationnées à Marrakech près de la médina

Pour nous, c’est l’un des plus beaux moments de la ville : après le bruit des souks, la Koutoubia réapparaît entre les palmiers, majestueuse et rassurante, comme un fil conducteur qui nous ramène toujours à l’essentiel.

Pour visiter Marrakech en 8 jours tranquillement, nous avons posé nos valises dans le quartier élégant de l’Hivernage, construit au début du XXᵉ siècle comme quartier résidentiel et touristique, loin de l’agitation de la médina. Ses grandes avenues bordées de palmiers en font un lieu idéal pour séjourner confortablement tout en restant proche des principaux sites. Aujourd’hui, l’Hivernage incarne le Marrakech moderne : culture et espaces verts, mais aussi un reflet de l’impact du tourisme sur la ville, qui apporte dynamisme économique et emplois tout en modifiant certains aspects du quotidien local. A proximité, se trouve le Jardin de Majorelle et le Musée Yves Saint Laurent ainsi que les jardins de la Ménara.

Guéliz et une parenthèse d’exception à La Mamounia

Guéliz, à quelques minutes de l’Hivernage, révèle le visage contemporain et cosmopolite de Marrakech. Créé par le protectorat français dans les années 1910-1920, ce quartier a été pensé pour accueillir les nouvelles infrastructures urbaines : larges avenues, magasins, cinémas et cafés. Aujourd’hui, Guéliz est un centre commerçant et culturel, où boutiques modernes, galeries d’art et restaurants cohabitent avec des immeubles historiques. C’est un quartier qui respire la vie quotidienne des Marrakchis, avec moins de touristes que dans la médina, tout en offrant des points de départ pratiques pour rayonner dans la ville.

On y trouve L’Église des Saints-Martyrs de Marrakech qui évoque à elle seule, la mémoire chrétienne de Marrakech et le dialogue entre les cultures. Elle se situe en plein cœur du quartier, rue Imam Ali, et fait partie des premiers grands bâtiments construits dans le Guéliz moderne. Certains historiens disent même qu’elle est liée à l’origine du nom du quartier. Construite en 1928 et consacrée en 1929, elle dépend aujourd’hui de l’archidiocèse de Rabat. C’est aussi la seule église catholique encore active dans la région de Marrakech. Elle a été édifiée en l’honneur des cinq martyrs franciscains, envoyés au XIIIe siècle par François d’Assise pour prêcher au Maroc. Ils furent exécutés à Marrakech en 1220, et l’église a été construite non loin du lieu de leur martyre. À l’intérieur, l’architecture est assez sobre, presque apaisante, loin du décor très chargé de certaines églises européennes.
Le regard est souvent attiré par la grande fresque du Christ ressuscité derrière l’autel, une œuvre marquante dans un style Art déco.

Elle est ouverte pour les messes, notamment :

  • en semaine à 19h
  • samedi 18h30
  • dimanche en français 10h30
Église des Saints-Martyrs de Marrakech
L’Église des Saints-Martyrs de Marrakech

Nous aimons beaucoup découvrir ces larges avenues et cette atmosphère plus contemporaine. Découvrir Marrakech en 8 jours tranquillement, c’est aussi s’offrir un petit moment de folie : un thé à La Mamounia. L’expérience est orchestrée par Pierre Hermé, qui supervise les deux salons de thé de l’hôtel. Nous choisissons le Menzeh, le salon extérieur, qui permet de profiter des jardins luxuriants tout en dégustant les pâtisseries du célèbre maître.

Se rendre au Menzeh, c’est non seulement savourer la gastronomie française revisitée à la marocaine, mais aussi flâner parmi les allées ombragées, les fontaines et les bassins, dans une atmosphère paisible et raffinée. Chaque détail du lieu, du service à l’ambiance florale, invite à une pause hors du temps et contraste délicieusement avec l’énergie de la ville.

photos des jardins luxuriants de La Mamounia et du Menzeh à Marrakech
La Mamounia

En quittant l’Hivernage pour nous aventurer vers les quartiers historiques, nous percevons déjà le contraste avec la médina : là où les avenues larges et les terrasses modernes dominent, la médina dévoile un dédale de ruelles, de souks et de places animées, où l’histoire, l’artisanat et le commerce se mêlent encore au rythme de la vie locale.

Les remparts au soleil couchant

Jemaa el-Fna, la médina et les souks : l’âme vibrante de Marrakech

Impossible de venir à Marrakech sans passer par la place Jemaa el-Fna, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ici, artistes de rue, charmeurs de serpents et étals de nourriture créent une symphonie de sons, odeurs et couleurs qui raconte la vie quotidienne et touristique de Marrakech.

animations sur la place Jemaa el-Fna à Marrakech
Jemma El Fnaa animations
Vendeurs de jus de fruits sur la place Jemaa el-Fna à Marrakech
Jemaa el-Fna, les vendeurs de jus de fruits

Nous plongeons ensuite dans la médina, véritable labyrinthe historique où les ruelles et les souks d’artisanat racontent l’histoire commerciale et culturelle de la ville. Le souk des épices, avec ses couleurs et parfums enivrants, rappelle le rôle central de Marrakech comme carrefour des échanges depuis des siècles.

entrée du souk de Marrakech
Une des entrées de la Médina
Vendeurs de paniers artisanaux dans le souk de Marrakech
La Medina, secteur des épices
place Jemma El Fnaa de nuit
Jemaa el-Fna de nuit avec les échoppes de street food

Instant gourmand : ce jour là, un dimanche, nous sommes à la recherche d’un restaurant, nous nous dirigions dans le dédales des rues vers chez Zaza, malheureusement fermé ce jour là. La belle surprise fut de trouver un peu plus loin la Pergola situé dans l’établissement du Riad Monceau. Nous nous sommes régalés d’un coucous et d’un tajine pour un prix raisonnable

couscous et tajine de Marrakech
Couscous et Tajine de la Pergola
Riad Monceau à Marrakech
Riad Monceau

Palais, tombeaux et saveurs : comprendre l’histoire de Marrakech en 8 jours tranquillement

⚠️ Attention : ce quartier a été touché par le tremblement de terre de 2023 et certains espaces sont encore en travaux, limitant l’accès à certaines salles, mais l’atmosphère et la beauté des lieux restent intactes.

Les Tombeaux Saadiens, cachés derrière un mur discret à Marrakech, datent du XVIᵉ siècle et révèlent le faste de la dynastie saâdienne. Ces sépultures royales, longtemps oubliées puis redécouvertes au début du XXᵉ siècle, impressionnent par leurs zelliges colorés, véritables mosaïques de céramique minutieusement posées, et leurs stucs finement sculptés aux motifs floraux et géométriques. Les plafonds en cèdre ciselé, d’une finesse exceptionnelle, semblent flotter au-dessus des tombeaux, créant une atmosphère à la fois solennelle et poétique. En parcourant ces salles, on ressent à la fois l’élégance architecturale et le poids de l’histoire, un voyage dans le temps au cœur du Marrakech royal.

extérieur des tombeaux saâdiens à Marrakech
Extérieurs des Tombeaux Saâdiens
intérieur des tombeaux saâdiens à Marrakech
Tombeaux Saadiens intérieur

Le Palais de la Bahia, joyau du XIXᵉ siècle, nous plonge dans l’opulence du Marrakech d’antan. En franchissant ses portes, on découvre des patios ombragés où le murmure des fontaines accompagne chaque pas, et des jardins luxuriants où les orangers et les fleurs exhalent leurs parfums. Les plafonds finement peints, aux motifs délicats, et les détails de l’artisanat marocain, des boiseries aux zelliges, témoignent du raffinement et de la minutie des artisans de l’époque. Chaque salle raconte une histoire, et chaque recoin invite à la contemplation, offrant un véritable voyage sensoriel au cœur de la splendeur orientale.

Les photos défilent en diaporama, il suffit de cliquer sur la flèche pour les parcourir. ⤵️

Quant au palais Badi, fondé à la fin du XVIᵉ siècle, il impressionne par ses vastes cours, bassins et murs monumentaux, vestiges de ce qui fut l’un des plus somptueux palais de l’époque saadienne.

Ces trois monuments ont été partiellement endommagés par le tremblement de terre de 2023, mais les travaux de restauration sont en cours et les visites restent possibles. Cela permet aux voyageurs de continuer à admirer la beauté et l’histoire de ces lieux, tout en prenant conscience des efforts de préservation du patrimoine de la ville. Même endommagés, ils offrent une immersion unique dans la grandeur passée de la ville et dans la richesse de son artisanat traditionnel.

Instant gourmand : je vous recommande de faire une halte, soit au restaurant « le Douar Medina » soit au salon de thé du musée des arts culinaires marocains

Le salon de thé se trouve au rez de chaussée (belle carte de thé et de pâtisseries) et le restaurant est sur la terrasse. Vous vous y régalerez de spécialités marocaines dans un endroit charmant et d’un bon rapport qualité prix.

découverte du musée des arts culinaires de Marrakech, le Douar et le salon de thé
Le Musée des arts culinaires, son restaurant, son salon de thé

Le Mellah, mémoire juive et artisanat

Le Mellah, ancien quartier juif, plus calme et plus authentique que la Médina, s’intègre parfaitement dans un itinéraire à Marrakech en 8 jours tranquillement. Prendre le temps de le découvrir, c’est accéder à l’un des visages les plus saisissants de la ville, loin de l’agitation touristique. Créé au XVIᵉ siècle sous la dynastie saâdienne, ce quartier devient le cœur de la communauté juive de la ville, installé à proximité du palais royal pour bénéficier de sa protection.

Flâner dans ses ruelles étroites, observer ses maisons aux balcons de bois et ses façades anciennes permet d’en apprécier toute l’authenticité. Parcourir le Mellah tranquillement, à son rythme, permet d’en ressentir toute la profondeur. Aujourd’hui encore, malgré le départ d’une grande partie de la communauté juive au XXᵉ siècle, le quartier conserve une mémoire historique et symbolique profondément ancrée.

Découverte du Mellah de Marrakech en images
Quartier juif du Mellah

Nous visitons la synagogue Salat Al Azama, fondée à la fin du XVe siècle après l’arrivée des Juifs expulsés d’Espagne. Son patio paisible, ses bancs alignés, ses tapis bleus et sa salle de prière sobre et lumineuse invitent au recueillement. C’est un lieu profondément touchant, qui raconte la richesse du patrimoine judéo-marocain et la volonté actuelle du Maroc de le préserver.

La synagogue Salat Al Azama de Marrakech
synagogue Salat Al Azama

À quelques pas, le souk des épices du Mellah prolonge la visite dans une tout autre ambiance. Ici, les cônes de cumin, paprika, curcuma ou ras el hanout dessinent une palette éclatante, tandis que les parfums de cannelle, de menthe séchée et de fleur d’oranger enveloppent les allées. Plus calme que certains souks de la médina, il permet de prendre le temps d’échanger avec les marchands et de mieux comprendre combien Marrakech demeure depuis des siècles une ville-carrefour du commerce des épices. Cette promenade entre mémoire, senteurs et artisanat nous offre l’un des moments les plus sensoriels et authentiques du séjour.

Découverte du quartier du Mellah a Marrackech
Le Mellah et son marché aux épices

Vous pouvez aussi retrouver les photos du quartier et bien plus sur mon Instagram

Majorelle et le musée Yves Saint Laurent : l’élégance créative

❗️Attention❗️aucune vente sur place – il faut obligatoirement réserver ses places en ligne.

Dans cette vidéo, nous partons découvrir cette oasis emblématique où le célèbre bleu Majorelle illumine chaque recoin du jardin.⤵️

Nous avions connu ce quartier alors qu’il n’était encore qu’une lisière de la ville, presque fait de terrains vagues. Aujourd’hui, en y revenant, le contraste nous frappe immédiatement : ce qui était autrefois un espace ouvert et discret est devenu un véritable pôle artistique et culturel, structuré, vivant et très fréquenté.

Le Jardin Majorelle reste pourtant fidèle à son âme. Créé dans les années 1920 par le peintre Jacques Majorelle, il se découvre comme une œuvre d’art vivante, où la nature et la couleur dialoguent en permanence. Le célèbre bleu Majorelle capte la lumière et sublime les bassins, les pergolas et l’ancien atelier de l’artiste. Entre cactus monumentaux, bambous, nénuphars et chants d’oiseaux, nous avançons lentement, presque en retrait du monde, savourant cette parenthèse végétale au cœur de Marrakech.

Les photos défilent en diaporama, il suffit de cliquer sur la flèche pour les parcourir. ⤵️

Le jardin doit sa préservation à Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, qui le rachètent en 1980 et le sauvent d’un projet immobilier.

Dans l’ancien atelier de Majorelle, le musée Pierre Bergé des arts berbères nous plonge dans la richesse de la culture amazighe.

Bijoux finement travaillés, costumes, objets du quotidien et pièces venues des montagnes ou du désert racontent un Maroc profond, enraciné, encore très présent dans l’identité du pays.

À quelques pas, le musée Yves Saint Laurent Marrakech prolonge cette immersion artistique dans une architecture contemporaine en briques ocre, parfaitement intégrée à la ville. À l’intérieur, robes, croquis, photographies et expositions retracent le lien intime entre le couturier et Marrakech. On comprend combien la lumière, les couleurs et l’atmosphère de la ville ont nourri son inspiration et transformé son regard sur la création.

Une exposition met en lumière ses costumes de scène, témoins de son goût pour le spectacle et le music-hall. On y retrouve notamment l’univers du célèbre Mon truc en plumes” de Zizi Jeanmaire, devenu emblématique de cette créativité flamboyante. Yves Saint Laurent a habillé aussi les plus grandes figures de la scène comme Sylvie Vartan, Johnny Hallyday ou Catherine Deneuve, insufflant à chacune de ses créations une élégance théâtrale unique. À travers ces costumes, c’est tout un monde de fantaisie, de liberté et d’audace artistique qui s’exprime.

On comprend combien la lumière, les couleurs et l’atmosphère de la ville ont nourri son inspiration et transformé son regard sur la création.

Musée Yves Saint Laurent de Marrakech

Autour de ces lieux, le quartier s’est profondément transformé. Galeries, cafés, boutiques et institutions culturelles ont remplacé les espaces vides d’autrefois. Cette évolution raconte un Marrakech en pleine mutation, capable de se réinventer tout en valorisant son patrimoine. Et nous, au fil de cette promenade, nous mesurons le chemin parcouru : entre souvenirs d’un espace presque désert et réalité d’un quartier devenu incontournable, le contraste est aussi saisissant qu’émouvant. Marrakech et le Jardin de Majorelle sont victimes de leur succès, selon les périodes, il y a beaucoup de touristes.

Dar El Bacha et le quartier de la Maison Arabe

En rejoignant le quartier de la Maison Arabe, dans le cadre de notre séjour à Marrakech en 8 jours tranquillement, nous retrouvons une atmosphère différente, plus feutrée, presque confidentielle. Derrière des murs discrets se cachent des riads élégants, des patios silencieux et de très belles tables, dans une ambiance qui nous semble aujourd’hui un peu plus “bobo”, façonnée par l’arrivée de galeries, concept stores et cafés raffinés. Le tourisme a profondément transformé ce secteur, devenu l’un des visages les plus soignés et esthétiques du Marrakech contemporain.

La Maison Arabe incarne parfaitement cet esprit. Ce Riad mythique, l’un des premiers hôtels de charme de la médina, offre une excellente cuisine marocaine, subtile et raffinée, que nous savourons dans un décor de salons feutrés, de fontaines et de lumières tamisées. Le lieu conserve ce mélange rare entre élégance internationale et hospitalité marocaine.

Instant gourmand: La Maison Arabe est un Ryad réputé à Marrakech, c’est aussi une excellente table où vous pouvez déguster les spécialités marocaines comme des briouates (chaussons farcis) , une tanjia d’agneau cuit longuement dans un pot et un couscous berbère.

La gastronomie de la Maison Arabe à Marrakech
Restaurant de la piscine

À quelques pas, le palais Dar El Bacha nous plonge dans une autre époque. Construit en 1910 comme résidence de Thami El Glaoui, le puissant pacha de Marrakech sous le protectorat, son nom signifie littéralement « la maison du pacha« . À travers ses vastes salons, ses plafonds sculptés, ses portes en cèdre peint, ses zelliges et son grand jardin de riad, il raconte le pouvoir immense de cette figure politique surnommée le seigneur de l’Atlas. Le palais servait autant de résidence que de lieu de réception pour des personnalités prestigieuses, symbole du raffinement et de l’influence politique de Marrakech au début du XXᵉ siècle.

‼️ Réservation obligatoire pour son café : le Bacha Coffee Room & Boutique
Il faut toutefois savoir que l’adresse est très prisée : l’attente peut être longue, et les prix sont plus élevés que la moyenne locale. Mais pour un moment hors du temps, dans un cadre exceptionnel, cela peut valoir le détour.

Intérieur du palais Dar El Bacha à Marrakech
Palais Dar El Bacha, détails architecturaux
caftans du palais Dar El Bacha à Marrakech
Caftans du Palais Dar El Bacha

Dans ce même quartier, nous visitons aussi le Jardin Secret. Si le lieu reste agréable avec ses bassins et ses jardins restaurés, nous avouons avoir été un peu moins séduits : l’ensemble nous paraît plus touristique que contemplatif, presque trop mis en scène à notre goût, et nous y retrouvons moins l’émotion ressentie dans d’autres jardins de la ville.

Ce quartier raconte finalement très bien le changement de Marrakech sous l’effet du tourisme : une ville qui se réinvente, soigne son image, attire une clientèle internationale et fait émerger de nouveaux lieux de vie plus branchés, parfois au prix d’une certaine uniformisation. Mais il suffit encore de s’éloigner d’une rue pour retrouver la simplicité d’un patio, le parfum d’un oranger ou le silence d’un riad caché.

La Ménara, son pavillon au toit vert et ses jardins

Nous revenons à la Ménara dans le cadre de notre séjour à Marrakech en 8 jours tranquillement, avec une émotion particulière, car nous avions gardé le souvenir d’un lieu plus soigné, presque majestueux dans sa simplicité. Créés au XIIᵉ siècle sous les Almohades, ces jardins avaient avant tout une fonction agricole : le vaste bassin central servait de réservoir pour irriguer les immenses oliveraies grâce à un ingénieux système hydraulique alimenté depuis l’Atlas. Le célèbre pavillon au toit vert, que l’on aperçoit au bout de l’eau, complète depuis des siècles l’une des plus belles perspectives de Marrakech, surtout lorsque les sommets enneigés se dessinent au loin.

Cette fois pourtant, le lieu nous semble un peu plus délaissé qu’autrefois. Nous l’avions connu avec des jardins mieux entretenus, des abords plus soignés et une promenade autour du bassin plus agréable. Aujourd’hui, le tour du bassin apparaît par endroits en mauvais état, et le pavillon est fermé, ce qui enlève un peu du charme de la visite.

Malgré cela, la vie du lieu est toujours présente. Nous y rencontrons, certes quelques touristes mais surtout des familles marocaines venues se promener, discuter, laisser jouer les enfants.

Et pour peu que vous répondiez au premier bonjour par «Salam, labas ? Koulchi bikhir ? Labas, hamdoulillah, choukrane. », vous verrez les visages s’illuminer d’un beau sourire. Les Marocains adorent qu’on parle un peu leur langue, et ce simple échange rend la visite encore plus chaleureuse et humaine.

La Menara à Marrakech, le pavillon au toit vert et le bassin
Le Pavillon de la Menara

Cette coexistence entre lieu patrimonial, espace du quotidien et site touristique raconte bien le Marrakech d’aujourd’hui : une ville qui change sous l’effet du tourisme, parfois au détriment de l’entretien de certains espaces, mais qui reste intensément habitée par ses habitants et par leur hospitalité.

La Palmeraie, l’Atlas enneigé et la parenthèse poétique de la Fondation Benchaâbane

La Palmeraie, une oasis un peu malmenée

La Palmeraie de Marrakech nous offre un autre visage de la ville, plus ouvert, plus silencieux, presque suspendu entre désert et jardins. Cet immense oasis historique, planté depuis plus de mille ans, déploie ses milliers de palmiers aux portes de la ville et rappelle combien Marrakech s’est construite grâce à la maîtrise de l’eau et à l’ingéniosité des systèmes d’irrigation. En ce mois de mars, le contraste est particulièrement saisissant : au-dessus de cette mer de palmes se dessine la ligne lumineuse de l’Atlas encore enneigé, donnant au paysage une profondeur presque irréelle. On ressent ici la rencontre rare entre l’aridité du sud marocain, la fraîcheur des jardins et la majesté de la montagne.

Cependant, il faut bien le dire, cette extension de la Palmeraie, consacrée au tourisme a pourtant son revers. À mesure que villas, hôtels et résidences gagnent du terrain, l’environnement s’abîme peu à peu, entre pression sur l’eau, recul des espaces plantés et artificialisation des sols. Nous avons aussi le sentiment que cette urbanisation a repoussé les habitants et les activités traditionnelles plus loin, vers des secteurs moins valorisés, comme si la ville touristique s’était construite au prix d’un éloignement discret de ceux qui faisaient autrefois vivre ces paysages.

l'Atlas enneigé vu de la Palmeraie de Marrakech
La Palmeraie et la neige sur l’Atlas

Fondation Benchaâbane – Musée de la Palmeraie

Au cœur de cette atmosphère apaisée, la Fondation Benchaâbane – Musée de la Palmeraie nous enchante particulièrement. Fondé en 2011 par le botaniste et parfumeur Abderrazzak Benchaâbane, ancien collaborateur du Jardin Majorelle, ce lieu fait dialoguer art contemporain, nature et méditation dans un parc de deux hectares.

Les anciens bâtiments agricoles en pisé accueillent peintures, sculptures, calligraphies et photographies d’artistes marocains majeurs, tandis qu’à l’extérieur se succèdent jardin andalou, jardin sec, jardin d’eau, roseraies, potager et verger parfumé. Chaque espace raconte une facette du Maroc, entre culture, botanique et silence.

Loin d’une certaine agitation touristique, ce lieu permet de mesurer les transformations de Marrakech. Entre la Palmeraie historique, longtemps espace agricole et de villégiature, et les développements récents de villas, hôtels et résidences de luxe, la ville continue de s’étendre vers ses marges. Pourtant, dans ce musée-jardin, quelque chose résiste encore : une idée du temps long, de la contemplation et de la beauté, face à l’urbanisation galopante qui gagne peu à peu les abords de la ville.

Échappée sur la route de l’Ourika

Instant gourmand : nous sommes vendredi et le jour de l’Aïd-el-Fitr (rupture du Ramadan). Il s’agit de deux bonnes raisons de déguster un couscous chez Al Fassia dans Guéliz

Couscous traditionnel du restaurant El Fassia à Marrakech

Pour terminer notre séjour, nous prenons la route de l’Ourika, une échappée qui nous ouvre immédiatement sur des paysages différents de Marrakech : montagnes enneigées en mars, vallées verdoyantes et petits villages berbères accrochés aux pentes. Ce contraste est saisissant après l’effervescence de la médina et des jardins urbains.

village berbère sur la route de l'Ourika en venant de Marrakech
Village berbère dans la montagne sur la route de l’Ourika

Autrefois, cette route offrait une atmosphère presque sauvage, avec des ruisseaux traversés par des passerelles simples et quelques restaurants dispersés. Aujourd’hui, l’urbanisation et le développement touristique ont radicalement transformé le paysage. De nombreux restaurants, terrasses et petites infrastructures longent le ruisseau, offrant confort et services aux visiteurs, mais modifiant la sensation d’authenticité et la quiétude originelle. À notre grande surprise, à la sortie de la ville, sur cette route, nous découvrons de nombreux projets immobiliers ambitieux, immeubles et lotissements qui semblent surgir au milieu des collines verdoyantes : un spectacle moderne et impressionnant, mais dont on ne sait trop quoi penser.

restaurant les pieds dans l'eau sur la route de l'ourika
Restaurant les pieds dans l’eau

Malgré cette évolution, la vie locale reste présente. Nous croisons des familles marocaines pique-niquant au bord de l’eau, des enfants jouant dans les ruisseaux et des bergers accompagnés de leurs troupeaux, un mélange de tradition et de modernité.

La route de l’Ourika illustre ainsi le double visage du Maroc contemporain : une nature splendide et toujours vivante, mais transformée par le tourisme, l’urbanisation et l’extension rapide de Marrakech, où chaque détour offre paysages, rencontres et moments de simplicité, malgré les changements visibles dans les villages et les infrastructures.

Notre ressenti sur ces 8 jours à Marrakech

Huit jours nous semblent idéaux pour découvrir Marrakech sans fatigue, en alternant patrimoine, jardins, pauses gourmandes et quartiers variés.

Nous aimons particulièrement ce mélange entre l’intensité de la médina et les parenthèses plus calmes : Majorelle, la Ménara, l’Hivernage ou la route de l’Ourika.

Marrakech se découvre alors comme une ville à ressentir, à savourer et à vivre lentement.

Au fil de ces 8 jours, nous aimons ce subtil équilibre entre effervescence et douceur : l’énergie de Jemaa el-Fna, le calme des jardins, la beauté des palais et les parenthèses gourmandes qui ponctuent le séjour. C’est cette façon de voyager sans précipitation qui nous permet de vraiment nous imprégner de la ville rouge et d’en garder une empreinte si vivante.

Crédit photos © des roulettes sous les pieds

Marrakech et accessibilité : voyager avec une mobilité réduite

Voyager à Marrakech avec une mobilité réduite reste possible, même si cela demande un peu d’adaptation.

Il est possible de louer un fauteuil roulant sur place à un tarif raisonnable, notamment chez Locamed, situé dans le quartier de Guéliz. Le cout est d’environ l’équivalent de 36 Euros (en dirrhams) pour 15 jours . Il vous sera demandé une caution de 240 Euros. (Euros en espèces exigés)

  • Sur les grandes artères, la circulation en fauteuil est globalement faisable, avec des trottoirs plus accessibles.
  • La place Jemaa el-Fna se parcourt assez facilement. En revanche, la médina peut s’avérer plus compliquée en raison des pavés, des ruelles étroites et de l’affluence. Si vous marchez un peu, pas de problèmes.
  • Le quartier du Mellah, notamment autour du marché aux épices, est plus praticable.
  • Attention toutefois à certaines zones comme la rue menant au jardin Majorelle, elle aussi pavée.
  • Bonne nouvelle : des fauteuils roulants sont disponibles en prêt au jardin Majorelle ainsi qu’au musée Yves Saint Laurent.
  • Côté restauration, certains établissements sont en roof-top (avec escaliers), mais d’autres proposent des salles de plain-pied. Il est par exemple possible de profiter du salon de thé du musée des arts culinaires dans de bonnes conditions.
  • Si vous pouvez marcher un peu et monter quelques marches, la visite reste tout à fait envisageable et agréable.
  • Concernant les déplacements, je n’ai pas testé les taxis et ne peux pas confirmer s’ils acceptent facilement les fauteuils roulants.
  • Tarifs spécifiques sur présentation de la carte.




Si vous préparez votre voyage, nous vous conseillons de prévoir du temps pour les pauses, les terrasses et les quartiers moins connus : ce sont souvent eux qui laissent les plus beaux souvenirs.

Et vous, projetez vous un séjour à Marrakech ?


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