La Véloroute du Calavon, est un véritable paradis pour les cyclistes dans le Luberon. Adeptes depuis quelques années du VAE (vélo à assistance électrique) nous aimons rouler sur les chemins et les routes de Provence, notre région. Un endroit que nous affectionnons particulièrement est la « Véloroute voie verte du Calavon » qui emprunte une partie de l’ancienne voie de chemin de fer dites des Alpes, prolongement de la ligne Avignon-Cavaillon. La voie verte désormais commence à Robion, passe aux Beaumettes et va jusqu’au Coustellet en traversant la ville d’Apt. Elle passe devant les anciennes gares de Bonnieux et de Goult. A Apt, l’ancienne gare restaurée, abrite désormais l’Office du Tourisme. Nous sommes sur les terres des confiseries « les fruits confits d’Apt ». Avec le tourisme, la vallée est dédiée à l’agriculture : arbres fruitiers, vigne, maraîchage, céréales.
Faire du vélo ici est grisant, point de difficulté et donc une disponibilité totale pour admirer les paysages et être en connexion avec cette nature qui raconte l’histoire de cette partie de la Provence, terre d’affrontement au moment des guerres de religion, marquée par l’empreinte du Marquis de Sade et de Mirabeau à la Révolution. Territoire affaibli par les différents régimes, le Luberon est désormais investi par les touristes du monde entier amoureux de son caractère et de sa luminosité. Il tient ici sa revanche.

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Champs de coquelicots vue sur Bonnieux

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Village perché Bonnieux

 

La « voie ferrée Cavaillon Apt » entre nécessité et réalisme

Ici, on se trouve dans le sud de la France, au pays du soleil, du Mistral et des cigales, à la fin du 19ème siècle. Dans la vallée bordée par le massif du Luberon qui s’étend d’est en ouest entre les Alpes-de-Haute-Provence et le département de Vaucluse. Région éloignée de la mer, les hivers peuvent être rudes et les étés caniculaires.

– Une nécessité économique pour transporter les marchandises

La région vit depuis toujours de l’élevage et de l’agriculture : vignobles (aujourd’hui deux appellations d’origine contrôlée), fruitiers et céréales. Elle est célèbre pour ses marchés de Provence depuis l’époque médiévale. Les fruits confits, dont les cerises, s’exportent vers l’Angleterre. Toute cette activité importe du glucose et des cerises en provenance d’Italie.

L’industrie n’est pas en reste avec les ocres des carrières de Roussillon, les sables, les argiles, le souffre. Le besoin de transport de marchandises s’avère donc crucial pour le développement économique de la Région.

En 1857, la compagnie PLM (Paris- Lyon – Marseille) a l’idée d’un chemin de fer « des Alpes » qui relierait Gap et par-delà l’Italie. Elle doit se raccorder à la ligne principale reliant Paris à Marseille. S’ensuit alors des querelles farouches entre les villes du Vaucluse (l’Isle sur la Sorgue, Pertuis et Apt) pour être dans le prolongement de la ligne Avignon-Cavaillon.

Apt s’impatiente. Il devient urgent de transporter les marchandises pour faire décoller l’économie de la Région. Les voyageurs en ont besoin. Il faut aussi transporter les colis et les dépêches. Après bien des atermoiements et de nombreuses enquêtes, le chantier est enfin lancé. Dans la région de Gap, les ingénieurs se heurteront souvent à une météo moins clémente qu’ils ne l’imaginaient et à une région rude et peu hospitalière. La ligne est enfin ouverte en 1877

– Apt,  une station au bout du Monde

La gare de marchandise expédie les conserves et les fruits confits principalement vers le Royaume Uni. Elle expédie aussi les truffes de Sault, l’ocre, des carbonates et de l’argile (nécessaires au colmatage des barrages et aux forages de puits de pétrole). En même temps elle reçoit des cerises d’Italie, du sucre et du glucose nécessaire à la fabrication des fruits confits.

Une erreur d’aiguillage : la configuration Cavaillon- Marseille est mal choisie. Le choix de relier Cavaillon à Marseille n’est pas réaliste car les échanges se font plutôt avec Avignon. A cause de son éloignement, le billet est cher et l’attente en gare d’Apt est importante. La ligne devient déficitaire. Le trafic est lent. Les travaux de modernisation sont trop coûteux. Les voyageurs devant aller dans les marchés des environs, préfèrent s’y rendre à pieds ou en voitures.

ancienne gare d'Apt

Ancienne gare d’Apt

 

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Gare désaffectée de Bonnieux

 

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Gare désaffectée de Goult

 

La concurrence « train-route » au milieu du 20ème siècle

Et puis rentabilité oblige, vers les années 1950, l’on constate que le transport par route est devenu très concurrentiel. En même temps, le car pour transporter les voyageurs est moins cher, plus souple, plus rentable.

En effet, pourquoi conserver une ligne couteuse à entretenir avec des trains peu confortables pour transporter des voyageurs ? Un service d’autobus plus souple, plus commode qui s’arrête au cœur des villes, avec des liaisons d’un village à l’autre, qui dépose le voyageurs proche de son domicile sera créé. L’innovation réside dans les arrêts facultatifs et un ramassage à la demande. En 1958, on privilégie le car au train.

Le sort des lignes Apt-Volx et Apt-Cavaillon est désormais scellé. Le transport des voyageurs sera supprimé en 1938 (les lignes seront rétablies provisoirement pendant la seconde guerre mondiale). Les transports de marchandises seront successivement abandonnés de 1941 à 1989.

Malheureusement pour Gap, cette ligne n’aura pas permis le développement économique du département des Basses Alpes, frappé durement par un exode du à son appauvrissement.

Quant au Lubéron, les saisons passent, et les années... et ironie du sort, grâce aux artistes, la région devient un lieu de villégiature très convoité. Le tourisme s’y développe. Et… le tracé de l’ancienne petite ligne renait grâce à la Véloroute du Calavon. Le premier tronçon a été inauguré en 2005, les suivants en 2010. Aujourd’hui après un gros effort de rénovation, comme jadis avec le train il est possible de rejoindre Apt en toute sécurité.

Le tournant touristique : quand le Lubéron s’offre à la « petite reine »

La Véloroute du Calavon est une voie de 37 kms entre Robion et Le Coustellet dans le département du Vaucluse. Cet aménagement cyclable occupe, en partie, l’ancienne voie ferrée Cavaillon-Apt- à Volx (dans les Alpes de Haute Provence). La véloroute du Cavaillon fait partie d’un projet ambitieux : la future Eurovéloroute n°8, appelé « la Méditerranée à vélo ».

Voici, ci-dessous l’entrée par le parking du village des Beaumettes :

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Entrée de la Véloroute du Calavon par les Beaumettes

 

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Véloroute du Calavon entrée par les Beaumettes

 

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Veloroute du Calavon vers le village des Beaumettes

 

Il s’agit d’une voie verte qui suit la vallée du Calavon, un cours d’eau (le Coulon) qui coule dans la vallée dont elle emprunte le nom. Dédiée aux piétons, aux cyclistes, aux adeptes du patin à roulettes et du roller, les pratiquants l’empruntent sans promiscuité avec les véhicules à moteurs sauf sur 2 kms, au lieu-dit le Chêne et pendant 500 mètres, aux villages des Beaumettes et de Coustellet.

Le point de départ se trouve à Robion et après avoir traversé Apt en toute sécurité il s’achève au pied du massif montagneux au Coustellet. Le circuit « autour du Luberon » prend alors le relai. Une association, « le Luberon à vélo » peut vous accompagner pour l’organisation de votre randonnée à vélo dans le Luberon et le Verdon. Vous trouverez leur documentation dans les Offices de Tourisme. Vous pouvez les contacter par leur site internet Velo Loisir Provence ou leur page Facebook . 

La véloroute du Calavon passe dans « le parc naturel du Luberon » où l’on peut admirer un pont romain: le Pont Julien. L’aménagement cyclable suit le chemin de l’ancienne voie de chemin de fer et permet d’admirer les bords du Calavon. Tout au long du parcours, on peut admirer les villages perchés : Goult, Ménerbes, Lacoste, Roussillon, Bonnieux, Gargas, Buoux…

 

Les détails du parcours et ses avantages pour le tourisme en provence luberon

– Le parcours de la véloroute du Calavon est sécurisé :

Après avoir laissé votre véhicule sur le parking des Beaumettes, le début du parcours longe la route sur une voie dédiée. On peut y admirer les maisons troglodytes. Pour la photo, le point de vue est meilleur au retour.

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Les Beaumettes maisons troglodytes

 

– La vallée du Calavon offre bien des merveilles

Après quelques centaines de mètres, le chemin prend son indépendance et pénètre dans la vallée du Calavon. Là, vous longez une plaine agricole où l’on cultive les arbres fruitiers, des cerisiers, de la vigne. On y trouve aussi des cultures maraichères et céréalières et … quelques champs de coquelicots au mois de mai.

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La Véloroute du Calavon champs de coquelicots et vélos

 

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Vignes et céréales

 

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Jeunes fruitiers

 

– Pour le Parc Naturel Régional du Luberon et ses vestiges romains

Vous roulez ensuite sur une voie aménagée spécialement pour les cyclistes, interdites aux véhicules à moteurs et aux chevaux. Le parcours entre ensuite dans le Parc Naturel Régional du Lubéron. Le point d’intérêt ici est le Pont Julien. Le site montre une mosaïque de paysages. Le pont romain a été construit avec les pierres des carrières des environs.

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Le Pont romain dans le Parc Naturel

 

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Vue du Pont romain

 

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Cycliste en action –  passage sous la route principale à la sortie du Pont Romain

 

Une fois dépassé le Pont Julien, la via verte emprunte encore une fois l’ancienne voie ferrée et passe entre les gorges pour aller rejoindre le lieu-dit du Chêne où les cyclistes partagent, sur 2 kms, la route avec les voitures.

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Les gorges – la via verte emprunte le trajet de l’ancienne voie ferrée

 

– Pour le dépaysement dans un territoire authentique

La via verte se poursuit donc vert Apt et emprunte donc la route du lieu-dit le Chêne. A cet endroit, le partage de la route se fait sans difficultés avec les voitures.  La route est large et sans danger. Il y a peu de circulation.  On y trouve une pépite : un panneau annonçant « interdit de déranger les vipères ». Ici partagerait-on la route aussi avec les vipères locales ? 

 

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Vers Apt avec partage de la route lieu-dit du Chêne

 

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Chemin des cyprès « interdit de déranger les vipères »

 

– Pour la ville d’Apt, son marché provençal et son ambiance bon enfant

Après quelques centaines de mètres et le passage dans un petit lotissement, l’entrée se fait dans Apt par le pont de l’ancienne voie de chemin de fer.

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Arrivée sur Apt – la voie verte emprunte le pont de chemin sur lequel passait l’ancienne voie ferrée

 

Arrivée dans Apt, deux solutions s’offrent à vous : soit vous entrez dans la ville, soit vous continuez la voie verte jusqu’au Coustellet, fin du parcours qui se poursuit jusqu’au bout sur un chemin protégé et sécurisé.

En ce qui nous concerne, nous aimons bien nous arrêter à Apt. Le samedi c’est jour de marché. Nous déjeunons sur place (les petits restaurants ne manquent pas) et nous rentrons par le même chemin en sens inverse.

 

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Le marché d’Apt et les animations du samedi

 

Conseils pour pratiquer la véloroute du Calavon

Points de départ : Le village de Robion Le village des Beaumettes , juste au départ de la véloroute.

Où louer des vélos  : au Coustellet, au début de la voie verte ou à Cavaillon

Où manger Au village des Beaumettes : deux restaurants dont un Bistrot de Pays « L’imprévu ». A mi-parcours un petit snack en pleine nature : l’Etape. A Apt. On peut pique niquer sur le site du Pont Julien.

Difficulté : Niveau facile avec 37 kms entre Robion et Le Coustellet. Le parcours est familial, on peut le faire avec des enfants en âge de faire du vélo. Se munir d’eau – pas de point de ravitaillement. Le trajet en VAE se fait sans problème (vérifiez quand même l’autonomie de votre fidèle destrier !).

Commodités : Pour les toilettes, seul le site de l’ancienne gare est (très bien) équipé.

Quand : Nous faisons cette balade au printemps, à la fin de l’été et à l’automne. En plein été je conseille plutôt le matin.

Plus de renseignements : l’Association Vélo Loisir Provence


Pour aller plus loin (sources historiques de l’article):
Sur l’histoire de la région : l’article : histoire du Luberon
Sur l’histoire de la ligne Cavaillon Apt : l’article de Cavaillon à Volx

crédits photos @desroulettessouslespieds.fr
logo des roulettes sous les pieds

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