Le Dhofar ou l' »Oman vert ». Après un article sur la péninsule du Musandam dans le Sultanat d’Oman, je vous propose de continuer la visite du Sultanat par la partie la plus au sud : le Dhofar. On l’appelle « l’Oman vert » en comparaison des autres régions plus arides. Ici chaque année de mi-juin à fin aout sous les effets de la mousson provenant de l’océan indien, la région reçoit une abondance de petites pluies fines et disparait régulièrement sous la brume. Ce phénomène météorologique est une bénédiction pour l’agriculture. Les collines verdoient, les cascades débordent et les omanais viennent y chercher la fraîcheur tandis que règne dans le reste du pays des températures particulièrement élevées.

En bas de cet article, vous trouverez les sites officiels pour préparer votre voyage et vous assurer de votre sécurité

Visiter le Dhofar, terre de légendes, entre océan et désert. 

La province a une frontière à l’ouest avec le Yémen et au nord , le désert Rub Al Khali, avec la ville engloutie d’Ubar, la sépare de l‘Arabie Saoudite. Les paysages sont spectaculaires : mer émeraude, montagne et désert ocre rivalisent de beauté.  La région est chargée d’histoire et de légendes grâce à sa situation géographique au carrefour de l’Afrique, des Indes et de l’Occident. Le Dhofar s’est développé dès l’antiquité, grâce au commerce de la myrrhe et de l’encens et le Sultanat en a fait sa fortune. La province est riche grâce à son climat qui permet les cultures vivrières.
La capitale Salalah est une station balnéaire prisée pour ses plages bordées de cocotiers et de bananiers.

Voici notre road trip de trois jours dans le Dhofar pendant la période sèche. Afin de ne pas perdre trop de temps sur la route, nous avons pris un vol intérieur de Mascate à Salalah.
Le Yemen est en guerre. Vous ne courrez aucun risque si vous ne vous approchez pas de la frontière. Nous n’avons pas dormi dans le désert Rub Al Khali.

 Emprunter la route de l’encens et explorer le désert des déserts

  • Le Wadi Dawka : visiter l’exploitation du Boswellia Sacra.

La région est classée par l’Unesco « Terre de l’encens« . Sur les hauteurs de Salalah, au Wadi Dawka (On nomme Wadi, le lit d’une rivière) se trouve une immense exploitation où l’on cultive le Boswellia sacra et où l’on récolte la résine sacrée. L’encens ici se nomme « Frankincense« .

Depuis des temps très anciens, l’encens est communément utilisé par toutes les couches de la population à des fins domestiques, rituéliques ou médicinales. La résine odorante a en Oman une place à part. Le pays est à la fois producteur, exportateur et utilisateur.

  • Avant l’Islam, l’usage est surtout religieux. L’Egypte, grande consommatrice pour ses embaumements tenta d’en prendre le contrôle. Sur la côte du Dhofar, on retrouve les traces d’un commerce florissant avec des échanges vers la Méditerranée.
  • A la période Islamique, l’encens est surtout utilisé à des fins domestiques pour parfumer la maison ou ses vêtements et recevoir dignement ses hôtes. Les textes des Mille et une nuits nous renseignent sur ces usages. L’usage médicinal est aussi important et ses bienfaits sont vantés par les médecins de l’époque.  Le commerce est alors florissant et Marco Polo décrit au XIIIème siècle la récolte.
  • De nos jours, l’encens est toujours utilisé et ce produit est un élément indissociable de l’identité culturelle Omanaise. Partout dans le pays brûle la résine et ce parfum accompagne votre voyage.
Dhofar-terre-d'encens

Dhofar terre d’encens

 

  • Incursion dans le Rub al Khali à la découverte de la cité perdue d’Ubar (Wabar, la « Cité aux Mille piliers »)

Ubar se trouve sur la route de Salalah Thumrait dans la direction du Rub Al Khali, le « désert des déserts« . Le site se trouve à 30 kms de Thumrait. Après une piste en tôle ondulée (4X4 obligatoire) nous nous réjouissons de faire une halte pique nique à Ubar pour nous abandonner un peu à la rêverie car selon la légende, les ruines de Shisr sont en réalité celles de Wabar, la fameuse cité perdue des Mille et une nuits, la porte de l’antique Atlantide…

Le seul arbre du village nous invite à profiter de son ombre bienveillante. Nous nous arrêtons et descendons de la voiture et là….une nuée de mouches s’empare de nous dans le but très clair de profiter de notre maigre festin.

Nous remettons à plus tard notre repas, visitons les ruines rapidement sous le nuage de ces insectes envahissants. Nous finirons par nous en débarrasser quelques kilomètres plus loin après avoir roulé toutes fenêtres ouvertes. L’endroit restera gravé dans nos mémoires. La réalité est parfois rude.

Nous reprenons donc notre route pour avancer un peu plus dans le désert mythique du Rub al Khali ‘le désert des déserts », « presque seuls » au monde. Nous croisons à l’heure du retour de l’école quelques 4X4 locaux, mais pas un seul touriste. Au milieu des sables du désert, les omanais font pousser des prairies pour alimenter en herbe leur bétail. Ici on dessale l’eau de mer. La magie du désert opère et c’est avec un grand bonheur que nous nous retrouvons au milieu des dunes de sables ocres clairs. Nous sommes à une cinquantaine de kilomètres de l’Arabie Saoudite. Sur place, des agences de voyages peuvent vous organiser un bivouac pour une nuit dans le désert. A vous de juger en terme de sécurité. Nous avons choisi de n’y passer que l’après midi. Quelques mirages plus loin, nous reprenons la route de retour vers Salalah.

 

Dhofar-désert-Rub-Al-Khali

Désert du Rub Al Khali

 

Sur la côte océane : Taquah, Kor Rori et Mirbat, sables blancs et eaux turquoises

Taquah à l’Est de Salalha est un village de pêcheurs installé à l’extrémité d’une longue plage de sable blanc qui va jusqu’à Salalah. On y trouve un fort sur une colline et une petite forteresse: le château de Taquah.

Khor Rori « Sumhuram », est une ancienne et importante cité commerciale du royaume d’Hadramaout. Ce site pré-islamique est  le plus important du Dhofar et se trouve à 40 kilomètres de Salalah.

Sumhuram était le port d’embarquement des cargaisons d’encens et selon la légende, la résidence portuaire de la reine de Saba, qui régna sur un vaste territoire d’Arabie et qui séduisit le roi Salomon, roi du peuple d’Israël. Peut-être que rien de tout ceci n’est exact, peut-être une partie seulement… En Oman, depuis la nuit des temps, Histoire et Légendes s’entremêlent étroitement. Le site est magnifiquement bien situé et restauré par des archéologues italiens.

Dhofar-Khor-Rori-Sumhuram

Khor Rori « Sumhuram »

Mirbat se trouve à 70 kms à l’est de Salalah.

Le village est un haut lieu historique de la région et témoigne encore de la guerre du Dhofar (1972). Son fort près de la plage est bien plus ancien. D’est en ouest de ce village de pêcheurs, les plages de sable blanc très fin sont une invitation irrésistible à la baignade et au snorkelling (à faire accompagné d’un guide local). Vous pouvez vous arrêter sur le port pour manger du poisson cuit à la braise à la mode omanaise : enduit d’une épaisse couche d’épices broyées (dont le clou de girofle et la cardamome).

A un kilomètre du centre le tombeau de Bin Ali est un bel exemple de Mausolée et de cimetière islamique.

 

Le Wadi Dharbat est magnifique pendant la mousson.

Nous avons choisi de visiter le sultanat d’Oman pendant la saison sèche pour ne pas avoir trop chaud dans le reste du pays. Nous n’avons pas donc vu les cascades et les plans d’eau dans les cuvettes calcaires de la montagne. Pendant la saison sèche (octobre à mai), les tribus jibbali établissent leur campement avec leurs troupeaux de chameaux. Vous atteindrez le Wadi depuis la route de Mirbat. Attention, ne vous baignez pas dans le Wadi sous peine d’attraper la bilharziose.

 

Du site du tombeau de Job, Salalah se dévoile

La légende raconte que Job, personnage commun aux trois religions du Livre : le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam, est enterré à cet endroit. Ce qui fait de ce lieu l’endroit le plus important du Dhofar sur le plan religieux. En dehors de toute considération religieuse, le site perché sur un colline offre, à une trentaine de kilomètres de la ville, une vue superbe sur Salalah.

La nature y est luxuriante avec des arbres que l’on ne voit que dans cette région.

En sortant du site du tombeau, nous y avons fait une rencontre fort sympathique ! Notre séjour s’achève et notre retour se fait par avion vers Mascate.

Dhofar-Chameau-tombeau-Job

Chameau au tombeau de Job

Crédit photos : @desroulettessouslespieds.com

Infos pratiques :

Nos deux articles précédents : Oman en toute quiétude et Musandam dans le Sultanat d’Oman

Quelques sites de référence :

 

Pin It on Pinterest

Share This