Que faire à Agadir en 3 jours ? Voici nos incontournables et notre avis pour un séjour tranquille.
Agadir n’est pas le Maroc qu’on imagine au premier regard.
Agadir est une ville particulière dans le paysage marocain contemporain. Elle est souvent présentée comme l’une des villes chéries du roi Mohammed VI, qui y possède un palais et y séjourne régulièrement. Cela explique en partie les aménagements récents, le front de mer soigné et le développement d’infrastructures pensées pour un tourisme confortable et structuré. Le maire de la ville est aussi le chef du gouvernement marocain.
En Berbère, Agadir signifie « grenier fortifié« . Même si aujourd’hui Agadir est une station balnéaire moderne, son nom rappelle un territoire longtemps lié à la survie et à la terre, une histoire rurale et agricole ancienne, une organisation communautaire autour de la sécurité des ressources.

Parce qu’Agadir, c’est aussi un territoire bien plus large que la ville elle-même. En s’éloignant vers l’intérieur des terres, on découvre l’une des régions agricoles les plus importantes du sud marocain. La vallée du Souss est connue pour ses cultures intensives : agrumes, tomates, primeurs exportées vers l’Europe. Cette richesse agricole contraste fortement avec l’image balnéaire de la côte.
Et puis il y a l’histoire. La ville a été profondément marquée par le séisme d’Agadir de 1960, qui a détruit presque entièrement l’ancienne cité. Ce drame explique pourquoi Agadir ne possède pas de médina historique et pourquoi elle a été reconstruite selon un plan moderne, aéré, tourné vers la sécurité et l’avenir.
La simplicité de la ville est un véritable atout et c’est ce qui fait qu’Agadir vaut le coup pour un séjour tranquille. La ville attire une population de visiteurs très spécifique : de nombreux retraités européens y choisissent leur villégiature, séduits par son climat doux toute l’année, son rythme plus calme que dans d’autres grandes villes marocaines, et la facilité de la vie quotidienne. On croise ainsi une présence régulière et installée, qui donne à Agadir une atmosphère particulière, entre ville de passage et lieu de séjour prolongé.
Si on compare avec une ville comme Marrakech, très dense, très sensorielle et pleine de contrastes, Agadir joue clairement une autre partition : plus de respiration, moins de saturation. Agadir ou Marrakech ? Tout dépend du rythme que l’on recherche.
À ce sujet, tu peux aussi lire notre article sur Marrakech en 8 jours en douceur.

Sommaire
Marrakech Agadir par l’autoroute
Le lien entre Marrakech et Agadir se fait aujourd’hui assez facilement grâce à une autoroute moderne qui traverse une partie du sud marocain. Le trajet prend environ trois heures et demie, parfois un peu plus selon le trafic et les pauses.
On quitte Marrakech en traversant des paysages progressivement plus arides, avec de larges étendues, des reliefs secs et peu de végétation. Puis, au fil des kilomètres, la route descend doucement vers l’Atlantique et annonce déjà le changement d’ambiance à venir.

Cette autoroute, mise en service progressivement au début des années 2000 et achevée en 2010, a profondément changé la manière de relier les deux villes.
Avant la construction de cette autoroute, le trajet était beaucoup plus long et fatigant. Il fallait emprunter des routes nationales sinueuses, traverser de nombreux villages, et compter bien davantage de temps de route, parfois plus de six heures selon les conditions. Le voyage faisait alors partie intégrante de l’expérience, mais demandait une vraie endurance.
Cette liaison routière fait presque la transition entre deux Maroc très différents : d’un côté Marrakech, dense, vibrante, très sensorielle ; de l’autre Agadir, plus ouverte, plus linéaire, tournée vers l’océan et les grands espaces.
C’est souvent sur cette route qu’on commence à sentir que le rythme va changer. Comme une forme de décompression avant même d’arriver.

Agadir et le séisme de 1960 : comprendre la ville autrement
Agadir a une histoire particulière qui explique en grande partie son visage actuel.
Le séisme d’Agadir de 1960, survenu dans la nuit du 29 février 1960, détruit presque entièrement la ville en quelques secondes. Une grande partie de la population perd la vie, et les infrastructures sont anéanties.
À partir de là, Agadir est reconstruite presque entièrement à l’écart de son ancien plan urbain, avec une architecture moderne, plus large, plus aérée et pensée pour résister aux futurs séismes.
C’est pour cela qu’aujourd’hui, la ville surprend souvent les voyageurs : elle ne ressemble pas aux médinas historiques du Maroc. Mais cette reconstruction fait aussi partie de son identité.
En le sachant, on ne regarde plus Agadir de la même manière. On comprend mieux son calme, ses espaces ouverts, et cette impression de ville “repartie de zéro”.
La plage d’Agadir, une longue baie ouverte sur l’océan
La plage d’Agadir s’étire sur plusieurs kilomètres le long de la baie, formant un vaste front de mer ouvert sur l’océan Atlantique. C’est une plage urbaine, large et aménagée, bordée par une longue promenade où l’on peut marcher facilement, sans contrainte.
D’un côté, l’océan déroule ses vagues et ses variations de lumière au fil de la journée. De l’autre, la promenade est animée par des cafés, des restaurants et quelques hôtels qui donnent directement sur le front de mer. On avance ainsi entre deux ambiances : le mouvement de la ville d’un côté, et l’ouverture du large de l’autre.
Après la reconstruction de la ville à la suite du séisme d’Agadir de 1960, tout le littoral a été réaménagé dans un esprit moderne, pensé pour la circulation des piétons, la détente et les usages touristiques. La promenade est devenue un véritable espace de vie, utilisé autant par les habitants que par les visiteurs.
Concernant les hôtels, ils sont très nombreux et souvent situés directement en bord de mer ou juste derrière la promenade. La ville est pensée comme une station balnéaire moderne, reconstruite autour du tourisme. On y trouve de grands complexes avec piscines, jardins et accès rapide à la plage, mais aussi des hôtels plus récents et design dans les quartiers comme Founty ou le long de la corniche.



On peut simplement y marcher, s’asseoir face à la mer, mais aussi s’arrêter dans un café, observer l’activité du front de mer ou prolonger la balade à différents moments de la journée. Selon l’envie, certaines activités nautiques sont également proposées sur la plage, comme le jet-ski, le paddle ou des sorties en bateau.
On y revient souvent sans forcément le planifier. Le lieu s’impose doucement dans le rythme du séjour. On marche un peu, on s’arrête, on regarde l’océan, puis on repart.
C’est exactement le type d’endroit qui permet de visiter Agadir sans se presser.

🥘 Instants gourmands: le long de la promenade de la plage , de l’autre côté de la route, sur le Boulevard Tawada, vous trouverez des restaurants. Nous avons bien aimé le Café restaurant Jour et Nuit . Nous y avons retrouvé les grands classiques : avocats aux crevettes, crevettes pil pil, gratin de fruits de mer, tajine de kefta, crème aux œufs…
🥘 A l‘Ardoise Gourmande, Bd Hassan II, pour les nostalgiques vous dégusterez un cuisine des territoires français. « Cuisine française du marché, produits frais , une ardoise qui change tous les jours ». Un peu plus cher mais belle découverte.
🍰 Il y a aussi, quelques pâtisserie où vous pouvez déguster des petits fours en buvant un thé à la menthe. Nous avons bien aimé Tafarnout pour ses petits fours

La marina pour un tourisme qui se veut plus chic
Au bout de la longue promenade en bord de mer, on arrive à la marina d’Agadir. L’ambiance change clairement : on quitte le front de mer ouvert et populaire pour entrer dans un espace plus contrôlé, avec des quais propres, des yachts, des résidences récentes et des restaurants installés face aux bateaux.

Cette marina s’inscrit dans une logique de développement touristique assez assumée. Dans le prolongement de la reconstruction de la ville après le séisme d’Agadir de 1960, une partie du littoral a été pensée pour attirer une clientèle internationale et plus aisée. On le sent rapidement : appartements aux façades soignées, immeubles résidentiels sécurisés, cafés aux prix plus élevés, et une ambiance globalement un peu plus “haut de gamme” que le reste de la ville.

On y croise aussi des voitures plus luxueuses, des visiteurs habillés différemment, et une atmosphère un peu “sélective”, sans être fermée pour autant. C’est un lieu qui affiche clairement une certaine idée du confort et du standing, dans un Maroc très tourné vers le tourisme moderne.
On peut trouver ça agréable à parcourir, surtout en fin de journée quand la lumière adoucit les lignes des bâtiments.
Instant gourmand : nous y avons fait une pause simple, en nous arrêtant chez Olivieri, le glacier historique du Maroc, pour une glace après la marche. Un moment tranquille, sans prétention et surtout très gourmand.



Le Souk El Had, un monde à part dans la ville
Le Souk El Had est l’un des lieux les plus vivants d’Agadir, mais aussi l’un des plus intenses.
Reconstruit après le séisme de 1960, il est aujourd’hui l’un des plus grands marchés urbains du Maroc, organisé en plusieurs milliers de petites échoppes regroupées par secteurs.
Dès l’entrée, l’ambiance change complètement. Le bruit, les odeurs, les couleurs, le mouvement permanent peuvent déstabiliser.

On avance doucement, sans chercher à tout voir. On s’arrête devant les épices, les fruits, les objets du quotidien. On observe plus qu’on ne consomme.
Les photos défilent en diaporama, il suffit de cliquer sur la flèche pour les parcourir.⤵️
Parmi eux, l’Amlou attire l’attention. Cette pâte traditionnelle à base d’amandes, d’huile d’argan et de miel est souvent fabriquée dans des coopératives de femmes, notamment dans les régions berbères autour d’Agadir. Ces coopératives jouent un rôle important : elles permettent à des femmes de travailler ensemble, de valoriser des savoir-faire anciens et de générer un revenu plus stable.
On goûte parfois sur place, on hésite un peu, puis on repart avec un petit pot. Ce n’est pas juste un produit acheté au souk, c’est aussi un lien discret avec un savoir-faire local.
Il y a des moments où on reste un peu en retrait, juste pour respirer et se recentrer avant de continuer.
Une heure suffit largement pour ressentir l’atmosphère du lieu, surtout si l’on veut visiter Agadir en douceur sans se fatiguer.
Kasbah d’Agadir Oufella, prendre de la hauteur sur la ville
La montée vers la Kasbah d’Agadir Oufella change complètement le rythme du séjour. Perchée sur les hauteurs de la ville, elle domine toute la baie d’Agadir et offre une vue très large sur l’océan, le port et l’étendue urbaine en contrebas.

Construite au XVIe siècle sous la dynastie saadienne, la kasbah avait à l’origine un rôle défensif important : elle protégeait l’ancien port d’Agadir et permettait de surveiller l’arrivée des navires. À cette époque, la ville était un point stratégique du commerce atlantique. Elle a ensuite été en grande partie détruite lors du séisme d’Agadir de 1960, ce qui explique l’état très partiel du site aujourd’hui.

Ce qu’on visite maintenant, ce sont surtout les remparts restaurés et le tracé de l’ancienne citadelle. On devine plus qu’on ne “voit” vraiment la kasbah telle qu’elle était, mais le lieu garde une présence forte, notamment grâce à sa position dominante.
On peut y accéder de plusieurs façons selon l’énergie du moment : à pied pour ceux qui aiment la montée et veulent prendre le temps, en voiture, ou encore en téléphérique, qui permet une arrivée plus directe et avec une belle vue sur la ville.

En pratique, depuis le parking, le chemin jusqu’à la kasbah elle-même est peu praticable sur la dernière portion : terrain irrégulier, peu aménagé, parfois fatigant. C’est pour cela que des taxis proposent spontanément de faire la montée jusqu’au site — une solution simple, même si très directe, qui évite une marche pas toujours confortable.
Là-haut, l’espace est largement ouvert, presque vide par endroits, avec une vue qui capte immédiatement le regard. On voit Agadir dans son ensemble, dans ses lignes modernes et son rapport très direct à l’océan.
La vue sur Agadir, justifie cette visite.
Médina Polizzi, une médina reconstituée à découvrir… ou pas !
La Médina Polizzi est un lieu un peu à part dans Agadir. Il ne s’agit pas d’une médina ancienne comme on peut en trouver à Fès ou Marrakech, mais d’une reconstruction relativement récente, pensée pour recréer une ambiance architecturale traditionnelle marocaine.
Elle a été imaginée dans les années 1990 par un architecte italien passionné du Maroc, avec l’idée de reconstituer un ensemble de ruelles, de patios et d’artisanat dans un cadre contrôlé et organisé.
De notre côté, nous n’avons pas choisi de la visiter. L’aspect très “reconstruit” et volontairement scénographié nous a semblé un peu trop artificiel par rapport à ce que nous avions envie de ressentir sur place.

Mais elle peut malgré tout intéresser ceux qui découvrent Agadir et qui souhaitent avoir un aperçu visuel de l’architecture traditionnelle marocaine, dans un cadre plus calme et plus lisible que les médinas historiques parfois très denses.
C’est donc une visite qui dépend beaucoup des attentes : certains apprécieront l’ambiance posée et structurée, d’autres resteront en retrait comme nous, préférant des lieux plus spontanés et moins reconstruits.
Dans tous les cas, la Medina d’Agadir est est un choix possible dans le séjour, mais pas une étape incontournable si l’on cherche surtout l’authenticité.
Une escapade vers l’intérieur : Taroudant et la palmeraie Tiout
Si l’on s’éloigne un peu de la côte, Agadir devient aussi un point de départ vers un autre Maroc, plus agricole, plus traditionnel. En quittant la ville, on traverse rapidement des paysages ouverts avant de rejoindre des zones plus anciennes et plus rurales, où le rythme change complètement.
C’est dans cette direction que l’on peut découvrir Taroudant, souvent surnommée la “petite Marrakech” en raison de ses remparts ocre (qui ne sont plus ocre pour l’instant en raison de leur réhabilitation) et de son ambiance plus authentique, bien moins touristique que les grandes villes impériales. À l’intérieur de ses murailles, la vie s’écoule doucement, entre souks locaux, petites places et circulation plus tranquille.

Non loin de là, les palmeraies s’étendent également en bordure de l’oued Souss, formant des paysages plus verts, presque inattendus dans cette région semi-aride. On y retrouve une autre facette du sud marocain, plus silencieuse, plus agricole, où les palmiers et les cultures structurent le paysage.
C’est une excursion qui contraste fortement avec Agadir et sa façade balnéaire. On passe d’une ville tournée vers l’océan à un arrière-pays plus traditionnel, où l’on sent davantage le Maroc du quotidien.
♿️ infos mobilité réduite
À Agadir, l’accessibilité est plutôt bonne dans les zones touristiques : corniche, grands hôtels, aéroport et certains lieux publics sont adaptés (rampes, ascenseurs). En revanche, elle reste irrégulière ailleurs (trottoirs, petits commerces).
Conclusion : destination globalement accessible, mais à préparer à l’avance. Nous avons loué le fauteuil roulant à Marrakech. (voir en fin de l’article)
Crédits photos ©desroulettessouslespieds
Ce qu’on retient d’Agadir
Agadir n’est pas une ville spectaculaire au sens classique du terme.
Il n’y a pas de médina ancienne, pas de monuments très anciens à chaque coin de rue. Mais il y a autre chose : une forme de facilité, d’espace, de respiration.
Ici on vient voir l’océan et profiter de sa douceur.
Et surtout, ne pas comparer Agadir aux autres villes du Maroc.
Et vous connaissez vous Agadir ?

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