La route des ocres traverse une partie du Pays d’Apt dans le Parc naturel Régional du Luberon. Si vous avez envie d’une jolie balade dans un univers coloré, nous vous proposons cette balade en vélo ou en voiture. En vélo, l’itinéraire est facile et vous pourrez admirer un paysage aux couleurs chaleureuses façonné par les mines d’ocres qui jadis, ont fait la richesse de la région. Le Luberon en Provence recèle bien des Trésors, nous vous emmenons visiter son plus beau fleuron industriel: les ocres.

Après avoir roulé au printemps sur la véloroute du Calavon, cette fois ci, par une belle journée d’automne ensoleillée nous prenons la direction d’Apt pour ensuite parcourir cette route des ocres. 

Sur la véloroute du Calavon, c’est une symphonie de verts qui nous a accompagné, au printemps, avec le réveil de la végétation et les cultures naissantes teinté de rouge coquelicots. Sur cette route, d’Apt à Rousillon en passant par Gargas, nous baignons dans les couleurs chaudes de cet univers minéral, brun jaune ou orangé.

Voici notre itinéraire du jour, inspiré pour une partie de la balade en vélo du site vélo loisir provence

Nous laissons notre voiture à Apt sur la place Lauze de Perret pour emprunter ensuite la voie verte en direction de Cavaillon et ce jusqu’à la sortie après le viaduc avenue de Roumanille  – attention la descente est raide –
Ensuite, direction Gargas pour visiter les Mines de Bruoux, Okra le Conservatoire des Ocres, le village de Roussillon et retour vers Apt.

Cet itinéraire se déroule sur des petites routes peu fréquentée. Le balisage est facile à comprendre  :  à droite, à gauche (photo )

la route des ocres

balisage sur la route des ocres


Quoi faire et que voir sur la route des ocres à vélo ? 



Tout d’abord traverser les plus beaux villages de la route des ocres  

Nous sommes dans le Parc Régional du Luberon.  Le circuit cycliste proposé est de cinquante et un kilomètres en forme de boucle qui permet de traverser ou de voir les plus beaux villages du Luberon, entre Apt, Rustrel, Villars, Saint Saturnin les Apt, Roussillon et Gargas. Bien sûr ce circuit peut être fait en voiture. Des liaisons permettent de composer un itinéraire personnalisé, plus ou moins long en fonction du temps et des possibilités.

Nous sommes fin octobre. La température est encore clémente comme toujours en Provence en automne. Notre boucle sera plus courte. Nous passerons par Gargas pour visiter les Mines de Bruoux et Roussillon pour la vue sur le village et les cheminées de fées et la visite d’ôkra, le conservatoire des ocres.

 

 

Ensuite connaitre l’histoire des Ocres en général

L’ocre, pour faire simple, c’est du sable chargé de fer et de silice. Son évocation fait penser à la grotte de Lascaux et à la Préhistoire.

Ce minerai est composé de débris d’origine animale (coquilles –oursins et protozoaires) mélangé à du sable marin et à une argile d’origine marine riche en fer (la glauconie se forme exclusivement au fond de la mer) .

Ces dépôts sédimentaires ont ensuite émergé par les mouvements tectoniques. Sortis de la mer, ils ont été alors soumis à l’oxydation. A l’époque, le climat tropical a permis de libérer les atomes de fer. Les ocres sont alors apparues. La présence de sels minéraux, fait que l’on recense 24 teintes : du gris au vert en passant par le jaune et le rouge.

Pour l’extraire, il faut creuser dans les galeries et ensuite séparer l’ocre très fine du sable qui la contient (10% d’ocre pour 90% de sable environ). Pour cela il faut la laver à grande eau. Le sable se dépose au fond des bacs par gravitation, et l’ocre plus légère est emmenée par l’eau vers des bassins de décantation et ensuite séchée au soleil.

Depuis la Préhistoire, l’ocre a de nombreuses utilisations:

  • Elle est utilisée à des fins artistiques (peintures et sculptures) comme dans la grotte de Lascaux en France.
  • Les Himbas, groupe ethnique africain que l’on trouve en Namibie, s’en enduisent pour se protéger du soleil, de la sécheresse de l’air et des insectes.
  • Utilisée en cataplasme ou en masque, elle a aussi des propriétés apaisantes et calmantes.
  • Elle a longtemps été utilisée pour le tannage des peaux.
  • Enfin, les extractions du Pays d’Apt étaient envoyées dans le monde entier au service de l’industrie du caoutchouc.

 

Et surtout s’immerger dans l’histoire des ocres dans le Luberon et dans le Pays d’Apt

Et oui, dans un temps très ancien, la mer recouvrait la Provence ! L’ocre en est le témoignage. 

Les ocres sont présentes dans le monde entier.  Cependant le « Vaucluse offre les gisements les plus importants et les plus éclatants en couleurs ». Dans le bassin d’Apt, les ocres s’étendent sur 25 kms entre Viens et Saint Pantaleon.

Sur ce territoire provençal dédié principalement à agriculture, l’industrie de l’ocre a permis de suppléer aux épisodes de mauvais rendements des cultures et a eu un effet d’aubaine pour la région. On lui doit notamment l’implantation de la gare d’Apt qui expédiait les tonneaux contenant les ocres.

Dans le pays d’Apt, l’ocre est exploitée depuis la fin du 18ème siècle. Longtemps utilisée comme substance imperméabilisante, comme abrasif pour le polissage fin, et comme agent colorant, la production est passée de 36000 tonnes à 20 000 tonnes de nos jours. Cette industrie a contribué en son temps au développement de la ville d’Apt plus connu maintenant pour son activité de confiserie.

Que faire et que voir sur la route des ocres dans le Luberon : visiter les mines de Bruoux à Gargas


Gargas est réputé pour ses ocres jaunes vifs et jaunes clairs. Sur son territoire on trouve la dernière exploitation d’Europe.

Les mines se visitent du 15 mars au 15 novembre – visite guidée exclusivement

 

la route des ocres mines de bruoux entrée

Entrée des Mines de Bruoux

 

La visite de cette cathédrale de pierre et de sable permet de faire un voyage au cœur de l’ocre. La mine se trouve au sein d’une falaise vertigineuse, au milieu d’une forêt de pins, dans un environnement jaune et vert.

En Provence, la forêt est peuplé de pins d’Alep ou de pins sylvestres habitués aux sols calcaires. Ici on trouve aussi des pins maritimes coutumiers des sols siliceux. Leur port altier et droit se distingue des autres. Ajouter à cela des châtaigniers, des bruyères, des cistes à feuilles de sauges et à feuilles de lauriers aux fleurs blanches très rares en Provence, vous aurez une symphonie végétale et minérale éblouissante.

la route des ocres mines de buoux

Entrée de la mine

 

la route des ocres visite guidée mines de bruoux

Prêts pour la visite

 

La visite se fait obligatoirement avec un guide et permet de pénétrer dans un dédale de galeries de 40 kilomètres de long et 15 mètres de hauteur. Les visiteurs coiffés d’un casque de chantier sont emmenés sur un parcours de 650 mètres. Le guide explique l’origine de l’ocre, son exploitation, le tout émaillé d’anecdotes sur le lieu. Vous y verrez aussi les champignonnières qui ont un temps occupé les lieux au moment du déclin de la commercialisation de l’ocre.

Il vous conte l’aventure industrielle du lieu et l’histoire de ces hommes qui creusaient les galeries pour extraire le sable précieux « à la force des bras de l’homme et à la lumière des lampes à carbures »  entre 1880 et 1950. Épaississant pour l’industrie du caoutchouc, la crise économique de 1929 amorcera son déclin, la seconde guerre lui sera fatale.

Aujourd’hui, la Société des ocres exploite cette carrière à ciel ouvert à Gargas. Le site fait partie du site classé « les ocres du pays d’Apt ». La production est repartie pour fournir des colorants résistants pour la fabrication des peintures. On retrouve l’ocre aussi dans les cosmétiques, en pharmacie, pour les beaux arts et les produits alimentaires.

Les mines de Bruoux : préparer votre visite, infos pratiques

Après cette visite, nous repartons en direction du charmant et très touristique village de Roussillon. Les champs de lavande, à cette époque ont une autre allure et montre leur bel alignement. Sans le bel épis bleu, le paysage est différent, plus minéral.

la route des ocres

Champs de lavande près de Roussillon

 

Sur la route des ocres : Roussillon en Provence, un paysage façonné par l’ocre


A Roussillon, la nature s’en est donné à cœur joie, bien aidé par les ocriers qui ont façonné le paysage au grès des extractions.

En effet, le village est situé au cœur du plus grand gisement au monde. Les éléments naturels s’y sont donnés rendez-vous pour en faire un site grandiose : l’eau, le vent, la pluie. A cela, il faut ajouter la main de l’homme. Ruelles bordées de maisons aux façades colorées, escaliers pittoresques, coins et recoins fleuris, légendes anciennes, concourent à faire de ce village l’endroit le plus charmant de la région  » la chaussée des géants » les « cheminées de fées » et « le val des fées » sont époustouflants, sans oublier bien sûr le « sentier des ocres« .

 

la route des ocres roussillon

Roussillon « les cheminées de Fées »

 

la route des ocres roussillon village

Les toits du village de Roussillon


Nous ne ferons pas ce jour là, compte tenu de l’heure, le sentier des ocres car le  conservatoire des ocres nous attend !

ôkra, le conservatoire des ocres à Roussillon  


Situé sur la friche industrielle de l’ancienne usine Matthieu, Okra est à la fois un lieu de visite qui permet de comprendre les différentes étapes du traitement du minerai mais aussi un centre de formation dédiée à la pratique colorante sur différents supports.

Le lieu est géré par une coopérative créée dans le but de sauvegarder et promouvoir les savoir-faire liés à l’ocre et à « l’utilisation des matières colorantes dans différents domaines : bâtiment, peinture, papier, art et métiers d’art. » Une boutique vous permet d’acheter sur place et en ligne différentes ocres colorantes.

Le lieu se veut didactique : un cours de géologie sur panneaux vous rendra incollable sur la composition de l’ocre et la promenade dans l’ancienne usine Matthieu, l’ancien site industriel, vous explique comment ce sable particulier devient cette belle matière colorante.

Suivez le guide en photos :

sur la route des ocres okra usine matthieu

Entrée de l’ancienne usine Matthieu

 

sur la route des ocres okra

Ancien magasin de l’usine Matthieu


Le cycle de l’ocre : du minerai à la couleur

Le minerai était extrait dans deux carrières à Roussillon. Il était ensuite transporté par camions sur le site de l’usine Matthieu, puis déchargé, et arrosé. Ensuite il était dirigé vers des bassins de décantation pour être enfin séché au soleil.  Le broyage est la dernière étape du processus.

sur la route de l'ocre le cycle de l'ocre

Le cycle de l’ocre

Pour ne pas mélanger les couleurs, ocres rouges et jaunes étaient broyées séparément

sur la route de l'ocre broyage

Broyage de l’ocre


La visite du site de l’ancienne usine Matthieu est terminée. Mais ne partez pas tout de suite: vous pouvez participer à des ateliers d’initiation à la couleur de manière théorique et pratique.

Si une formation vous tente, le conservatoire est aussi un centre pour l’apprentissage des différentes techniques de peintures et d’enduits, tout ce qui touche à la couleur et aussi la photo.

Nous repartons en direction de Roussillon pour admirer une dernière fois le panorama du haut de village, je vous laisse ici, contempler notre belle Provence, ce petit coin de Paradis du Luberon et le beau Pays d’Apt.

 

sur la route de l'ocre roussillon en luberon

Le village de Roussillon

sur la route de l'ocre

crédits photos : @desroulettessouslespieds.fr

 

 

A bientôt, sur la route des ocres !

 

 

 

 

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