Hiroshima, mardi 31 mai 2016, deuxième séjour au Japon. Nous quittons l’île de Miyajima pour Kyoto (Ferry et train). En chemin, nous nous arrêtons à Hiroshima qui se trouve sur la côte nord de la mer intérieure de Seto. Notre but est de visiter le Musée du Mémorial pour la Paix qui est situé dans un grand parc public au centre de la ville. Conçu par l’architecte Kenzo Tange, il a été inauguré en 1955. Il retrace le drame de la bombe atomique larguée sur la ville en 1945 et sensibilise les visiteurs à la menace nucléaire dans le monde. Ce Musée partage aussi le désir de la ville d’éradiquer l’armement nucléaire. Il est descriptif de la catastrophe, à l’aide de documents de l’époque, avec quelques explications scientifiques. Avertissement : les photographies exposées peuvent choquer les jeunes enfants.

 

A la descente du train, en revenant de Miyajima nous déposons nos bagages dans la consigne de la gare. Nous prenons un taxi, pour nous rendre en quelques minutes sur le site du Parc du Mémorial de la Paix. Grâce à la préparation de notre voyage, nous connaissons l’émouvante histoire de Sadako Sasaki, jeune adolescente décédée à la suite de son irradiation. La visite du Musée et du Parc furent un moment d’émotion, de compassion, de recueillement et d’espoir de Paix dans le Monde.

Voici ci-dessous les principaux éléments historiques, pour une meilleure compréhension. Le Japon depuis la 2ème guerre mondiale s’est engagé dans une politique d’exclusion totale des armes nucléaires. A chacun et chacune d’avoir sa libre opinion sur cette question.

Hiroshima Château de la Carpe

Château de la Carpe


Rappel historique

Hiroshima, c’est en premier lieu un site historique, fondé au 16ème siècle, comme en témoigne le Château dit « Château de la Carpe 鯉城, Ri-jō » construit en 1590, détruit entièrement en 1945 et reconstruit à l’identique en 1958.

Durant l’ère Meiji, Hiroshima devient un centre urbain important. En 1940, elle atteint 344 000 habitants.
Pendant la première guerre sino-japonaise, la ville devient l’une des principales bases logistiques de l’armée impériale japonaise.

Centre stratégique, pendant la 2ème guerre mondiale, et centre industriel de première importance, elle assure alors la défense terrestre de tout le sud du Japon.  Juste en face du port de la ville, sur l’île d’Okunoshima, se trouve une usine de fabrication de gaz toxique. Des armes chimiques y sont produites comme le gaz moutarde, le lewisite et le cyanure, utilisés contre les soldats et les civils chinois ainsi que dans les expérimentations sur des humains.

Le 6 aout 1945, le bombardier US « Enola Gay » lâche à 8 h 16 min 2 secondes, une bombe atomique à l’uranium 235. L’explosion, équivalant à celle de 15 000 tonnes de TNT, rase instantanément la ville. 75 000 personnes sont tuées sur le coup, dont un tiers de militaires.

«Soudain, le jour du jugement dernier était le lendemain et depuis, c’est tous les jours comme ça.»
Isidor Isaac Rabi, physicien du Manhattan Project

Hiroshima Dôme Genbaku

Dôme Genbaku


Seul bâtiment à rester debout, près du lieu où explosa la première bombe atomique, le 6 août 1945, Le Dôme de Genbaku 原爆ドーム, genbaku dōmu ou Mémorial de la Paix a été préservé tel qu’il était, juste après le bombardement grâce à de nombreux efforts, dont ceux des habitants d’Hiroshima.

« C’est un symbole dur et puissant de la force la plus destructrice que l’homme ait jamais créée,
qui incarne en même temps l’espoir de la paix »
d’après le Site de l’UNESCO

Sadako Sasaki et la légende des mille grues :

A la fin de la visite, la dernière partie du Musée est consacrée à l’histoire de Sadako Sasaki.

La petite fille est âgée de 2 ans lors du bombardement. Lors de l’explosion, elle n’est pas blessée. Elle grandit sans aucun problème. Très douée pour la course à pieds, en 1954, alors âgée de 9 ans, après une compétition, Sadako est prise de vertige. Hospitalisée, on lui annonce alors qu’elle est atteinte de leucémie due au rayonnement radioactif auquel elle a été exposée. Sadako Sakasi apprend donc qu’elle est condamnée.
Pour lui donner espoir, sa meilleure amie lui raconte alors « la légende des mille grues » et lui apporte un origami. Au Japon, une ancienne légende et croyance veut que quiconque confectionne mille grues en origami voit son vœu exaucé.

Alors, Sadako commence ses pliages, pleine d’espérance, avec tous les morceaux de papier qu’elle a sous la main, même les étiquettes des médicaments.

Elle réalise au total 644 grues de papier.

Sadako meurt le 25 octobre 1955 à l’âge de douze ans. Ses amis et sa classe finirent de plier les grues restantes et lancèrent un appel pour récolter des fonds afin d’édifier une statue en son honneur et en souvenir de tous les enfants affectés par la bombe.


Très émus, nous quittons le Musée pour nous diriger vers la statut de la jeune fille. Comme chaque année, à la même époque des élèves lui rendent hommage.

Quelques jours auparavant, le 27 mai 2016, le Président Obama était à Hiroshima. Il est le premier Président des USA à se rendre au Japon après le largage de la bombe.

Ceci est notre cri.
Ceci est notre prière.
Pour construire la paix dans le monde

Il est des moments comme celui-ci, où l’on ressent tout l’intérêt du voyage et l’on se sent plus riche de compréhension envers ce qui nous entoure. En milieu d’après midi, nous reprenons un train pour Kyoto où nous passerons 6 nuits.

Hiroshima Origami mémorial Sadako Sasaki

Grues en Origami au mémorial de Sadako

Par petits groupes les enfants rendent hommage à Sadako, déposent des fleurs et des grappes de grue en origami.

Pour apprendre à faire une grue, voici un tutoriel

crédit photos @desroulettessouslespieds
pour les grappes de grues : @pixabay

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